Page Santé: La naloxone

  • 09 janvier 2018

La naloxone

 

Les dérivés de l’opium, tels la morphine, la codéine et plus récemment le fentanyl sont utilisés en médecine depuis longtemps pour traiter des douleurs diverses. Un usage illicite, non contrôlé de ces stupéfiants existe également. Des saisies de narcotiques comprennent régulièrement tant de l’héroïne que des opiacéspharmaceutiques. Le mésusage de ces médicaments, de même que l’usage qu’en font les utilisateurs de drogues intraveineuses peut entraîner une forte dépendance, ainsi que des effets secondaires sérieux. L’intoxication aux narcotiques est potentiellement mortelle, ce qui en fait un enjeu de santé publique important, discuté encore récemment dans les grands médias.

 

Un antidote aux opiacés, la naloxone, peut sauver la vie d’une personne en situation de surdose. La naloxone est administrée avec succès dans les urgences des hôpitaux depuis longtemps et vient bloquer l’accès de la substance en cause au récepteur opiacé renversant ainsi la narcose. Seules les surdoses de substances de la famille des opiacés peuvent être renversées par la naloxone.  Un changement règlementaire permet dorénavant à la population de se procurer la naloxone directement à la pharmacie pour une administration à un proche en situation de surdose. Il est de circonstance de souligner qu’une surdose d’opiacé peut également survenir pendant un épisode de soins aigus, de douleurs chroniques ou dans le cadre de soins palliatifs.

 

La naloxone est administrée par injection et doit donc faire l’objet d’un enseignement particulier pour les manipulations requises, le prélèvement du médicament et l’injection elle-même. Le matériel nécessaire à son administration sera également fourni par la pharmaciele cas échéant.

 

La solution à la crise nationale des opiacée qui a court présentement ne saurait être unique. Plusieurs intervenants ont leur rôle à jouer et même si la répression est nécessaire afin de limiter le trafic de stupéfiants, il faut garder en tête que les premières victimes sont souvent les utilisateurs et leurs proches. Dans cet optique, une plus grande disponibilité de l’antidote à la surdose est une avancée qui saura sauver des vies. La réhabilitation des usagers ne pourrait se faire si ceux-ci ont connu une issue fatale.

 

Le pharmacien, en ayant la possibilité de fournir cet antidote peut contribuer à le rendre plus disponible. D’autre part, il a également la responsabilité d’assurer le suivi et une saine utilisation des narcotiques d’ordonnance qu’il délivre. Cette surveillance se traduit parfois en une restriction de la quantité de comprimés servis ou un suivi étroit de la fréquence des renouvellements.

 

Le traitement de la douleur, particulièrement de la douleur chronique, est complexe et nécessite souvent l’utilisation de plus d’une classe thérapeutique afin de limiter, justement, l’usage à long terme de fortes doses de narcotiques. Les différentes approches thérapeutiques de la douleurs chroniques pourront faire l’objet d’une chronique subséquente.

 

Philippe Lépicier PhD,

pharmacien

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