La page santé: Le deuil.

  • 12 décembre 2017

La page santé

Le deuil.

 

La perte d’un être aimé est l’un des événements les plus éprouvants que l’on puisse vivre. La mort a beau faire partie du cours normal des choses, rien ne nous prépare à l’affronter. Un deuil mal vécu peut avoir des effets dévastateurs sur notre santé physique et mentale. Inversement, il peut nous permettre de mieux nous connaître et de nous faire grandir après un long cheminement.

 

Les causes sont diverses. Pour parler de deuil, il faut que la perte soit non désirée. L’arrivée soudaine de l’événement accentue la détresse chez la personne touchée. Le choc d’une mort accidentelle est plus brutal que lorsque le décès survient suite à une longue maladie. On peut alors mieux s’y préparer.  On s’entend généralement à dire que survivre à son enfant est l’une des pires souffrances psychologiques que l’on puisse subir.

 

Bien qu’on soit mal préparé à ce passage obligé, il faut être conscient que le deuil n’est pas une maladie mais un cheminement intérieur souvent long et chaotique. On recule parfois pour mieux avancer ensuite. La première année est sans contredit la plus difficile: ce sera la premier Noël, la première St-Valentin, les premières vacances, etc. 

 

Les rites funéraires ont aussi beaucoup changé. Dans un passé relativement récent, le processus durait 3 jours (exposition du défunt, cérémonie religieuse et la réception qui suivait). La religion était omniprésente et la mort avait un sens pour les croyants. Aujourd’hui, une seule journée suffit généralement pour la crémation, l’accueil des proches et la cérémonie. La laïcisation prend parfois le dessus. La mort devient maintenant dépourvue de sens et vivre le deuil est plus difficile pour plusieurs.

 

On considère généralement qu’il comporte 5 étapes. 

 

1) le choc/ le déni. À l’annonce de la mort, on entre dans une sorte de bulle. On se sent détaché. Certains refusent même d’y croire et agissent comme si de rien n’était. Ce n’est pas vrai. C’est impossible. Pour d’autres, les manifestations sont physiques : évanouissement et même vomissements.

 

2) la colère. On en veut au monde entier. Pourquoi lui? On en veut même au défunt d’être parti.

 

3) le marchandage. On veut reprendre notre vie d’avant. On est prêt à changer.  La culpabilité est souvent présente. ‘’Laissez-le moi encore un peu et je changerai tout dans ma vie.’’

 

4) la dépression / la tristesse. La réalité nous rattrape. On comprend que le départ est définitif, irréversible. On réalise qu’on doit oublier les rêves et que les  projets communs ne se réaliseront jamais.
La tristesse nous envahit et fait parfois place à la dépression.

 

5) l’acceptation. On s’habitue graduellement à notre nouvelle réalité. On a de nouveaux projets, de nouveaux rêves. On n’a pas oublié le défunt mais la douleur est moins vive.

 

Il est primordial d’être indulgent envers soi-même. Ce n’est pas une course. Bien que la pression soit grande de la part de l’entourage de nous voir passer à autre chose, il faut s’accorder le temps nécessaire pour traverser les étapes. Le processus n’est ni linéaire ni rationnel. 

 

Il faut exprimer ce qu’on ressent. Si on est incapable de le dire, on peut l’écrire. Ou l’exprimer par le dessin. Il faut extérioriser sa peine. Il n’y a aucune honte à pleurer. Inutile de tenter de prouver aux autres qu’on est fort. 

 

Il faut savoir s’entourer des bonnes personnes. Les gens ne sont pas nécessairement mal intentionnés mais plutôt mal à l’aise devant le malheur d’autrui. Parfois le téléphone arrête même de sonner ou les mots d’encouragement semblent à l’occasion déplacés. Dites simplement que tout ce dont vous avez besoin est leur écoute et leur présence. 

 

Le plus important est de briser l’isolement. Et d’en parler à un professionnel ou à un groupe de soutien, au besoin. Parce que la vie continue, malgré tout...

 

Françoise Cayouette, pharmacienne pour les pharmacies Lépicier et Miousse.

Retour à la page d'accueil