La page santé : L'autosurveillance de la glycémie chez la personne diabétique de type 2

  • 13 November 2018

La page santé : L'autosurveillance de la glycémie chez la personne diabétique de type 2

 

            Avant d'aborder l'autosurveillance de la glycémie chez la personne diabétique de type 2, définissons le diabète de type 2!  Chez un individu sain, le contrôle de la glycémie se fait par l’insuline, une hormone sécrétée par le pancréas. L’insuline permet l’entrée du sucre dans les cellules pour qu’il soit utilisé comme carburant, particulièrement dans les muscles et le foie. Chez une personne atteinte de diabète de type 2, l’organisme devient incapable de réguler la glycémie, c’est-à-dire le taux de glucose dans le sang. C’est alors que la glycémie s’élève (on parle d’hyperglycémie). À long terme, si la glycémie n’est pas abaissée par des traitements, cela peut causer de graves problèmes de santé, en particulier des problèmes cardiovasculaires et/ou oculaires.  L'objectif des traitements médicamenteux contre le diabète est donc de maintenir la glycémie dans les cibles thérapeutiques de la maîtrise glycémique.  L'autosurveillance de la glycémie est une approche par laquelle une personne atteinte de diabète mesure sa glycémie capillaire à l'aide de bandelettes et d'un glucomètre.  Les valeurs de glycémies prises par la personne diabétique elle-même permet de vérifier le contrôle glycémique.  Les valeurs cibles de glycémie pour la majorité des adultes diabétiques sont les suivantes : 

Avant un repas

Entre 4,0 et 7,0 mmol/L

Après un repas (2 heures après)

Entre 5,0 et 10,0 mmol/L

Un autre outil permet au médecin de vérifier le contrôle glycémique.  Il s'agit de la mesure de l’hémoglobine glyquée (A1c) qui est mesurée par une prise de sang analysée en laboratoire.  L'A1c est le reflet de la glycémie des trois derniers mois environ (il est donc inutile de « trafiquer » le carnet de glycémie si l'on abuse des sucreries!).  Pour la majorité des patients, on vise une valeur d'A1c inférieure ou égale à 7,0%. 

           

            Quels sont les intérêts de l'autosurveillance de la glycémie?  En plus de détecter l'hyperglycémie et l'hypoglycémie, l'autosurveillance de la glycémie complète l'information fournie par l'A1c.  En effet, l'A1c ne donne pas d'information concernant les variations quotidiennes de la glycémie et elle peut être parfois faussée par certains facteurs.  L'autosurveillance de la glycémie permet de voir les effets des repas, de l'activité physique, du stress et de la médication sur la glycémie.  Ainsi, le patient diabétique peut modifier ses habitudes de vie en fonction du résultat et devenir plus responsable quant à la prise en charge de sa maladie.  Les moments et la fréquence de mesure de la glycémie dépendent du traitement, du risque d'hypoglycémie, de l'atteinte ou non des cibles, etc.  Ces facteurs doivent alors être individualisés pour chaque personne diabétique.  Afin d’obtenir des résultats fiables, il est important d'utiliser correctement le glucomètre et les bandelettes (ces dernières ayant été conservées adéquatement dans le flacon d'origine portant une date d'expiration encore valide).  Pour prévenir les infections, en plus du lavage des mains, il est important d'utiliser une nouvelle lancette pour chaque test et de jeter tout le matériel souillé de sang dans un petit contenant à déchets biomédicaux disponible gratuitement en pharmacie.  Pour toutes questions à propos de l'utilisation du glucomètre, votre pharmacien des Pharmacies Lépicier et Miousse se fera un plaisir de vous aider.

 

            Depuis mai 2017, la RAMQ applique une nouvelle réglementation à propos de la dispensation de bandelettes pour les tests glycémiques. Bien que l'autosurveillance de la glycémie soit largement utilisée et recommandée, ses avantages réels sont un sujet de controverse chez les diabétiques de type 2 non traitées par l'insuline.  Les coûts ayant explosés dans les dernières années concernant le renouvellement des bandelettes, le gouvernement a décidé de limiter la quantité de bandelettes annuelles remboursées, en fonction de la condition médicale et en fonction de la médication consommée par la personne diabétique.  Ainsi, il n'est généralement pas requis pour un diabétique traité avec des médicaments antidiabétiques sans risque d'hypoglycémie (ex : metformin) de mesurer sa glycémie, à moins de situations particulières.  Par contre, les diabétiques s'injectant de l'insuline 4 fois par jour doivent faire au moins 4 mesures par jour.  Ce sont ces faits qui déterminent la quantité de bandelettes annuellement permises.  Au-delà de la quantité limite remboursée par la RAMQ, le patient peut tout de même se procurer plus de bandelettes en défrayant lui-même le coût.

 

Catherine Côté, pharmacienne

Pharmacies P. Lépicier et MH. Miousse

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